Photo enseignant au Bénin avec ses élèves

« L’enseignant béninois n’a plus envie de travailler dans ces conditions »

Publié dans Actualités

Crédit photo : Vincent Reynaud-Lacroze

Kadafia est professeur de CM1 à l’école Siké Sud de Cotonou, au Bénin. Malgré sa passion du métier, il constate que les conditions d’enseignement sont en constante dégradation au niveau national. Grâce au projet « École amie des enfants, amie des filles » développé par Aide et Action, l’établissement dans lequel il travaille est devenu, à l’inverse, un exemple de collaboration et de réussite.

« Dans cette école, il y a 18 classes pour seulement 8 titulaires, le déficit d’enseignants est criant partout au Bénin. Des stagiaires viennent occuper les postes vacants mais ils ne sont pas à la hauteur, du coup, les enfants accumulent les lacunes dès le début de leur scolarité !
C’est décourageant au quotidien, beaucoup perdent leur motivation. Les élèves sont trop nombreux, on ne peut rien faire de bon. L’enseignant béninois n’a plus envie de travailler dans ces conditions, il faut avoir le courage de le dire.

Un système éducatif en tension

Heureusement depuis l’arrivée d’Aide et Action, pour moi tout est plus facile. Le projet « École amie des enfants, amie des filles » place les enfants au centre de leur scolarité. Désormais, c’est eux qui gèrent donc ils ont envie de bien faire. Avant, il fallait toujours les rappeler à l’ordre mais maintenant on collabore, on fait un travail de groupe. Via les gouvernements scolaires ou encore la définition de règles de vie communes, les élèves s’impliquent dans la vie de l’école.
Cela allège notre tâche et améliore les relations entre les enseignants, les élèves et les parents. Il y a aussi un grand changement chez les filles qui sont encouragées et qui prennent confiance en elles !
»

Le gouvernement béninois a bien conscience que la pénurie d’enseignants est l’un des maux qui minent le système éducatif du pays. Pour cette année scolaire 2019-2020, décision a donc été prise de fusionner des classes dans les écoles primaires afin de réduire le nombre de classes complètement dépourvues d’enseignant. Malheureusement, cette solution est loin d’être satisfaisante puisqu’elle ne répond qu’artificiellement au problème et ne fera que détériorer la qualité des enseignements dispensés.