Photo de l'enseignant Ousmane SORE du Burkina Fasso

La profession d’enseignant est un sacrifice

Publié dans Actualités

Ousmane Sore a 48 ans. Il a embrassé la carrière d’enseignant en 1999.  Aujourd’hui, Ousmane est en poste dans le village de Yamadio, dans la province du Sanguié, au centre-ouest du Burkina Faso.  Il est le directeur de l’école primaire publique de Yamadio et titulaire de la classe de Cours Moyen première année (CM1). Regard sur la Journée de l’enseignant, sa profession et les conditions dans lesquelles il l’exerce.

« La Journée de l’enseignant est une reconnaissance de la noblesse du travail de l’enseignant et de son rôle central dans l’éduction. Cette journée dédiée à l’enseignant nous honore. Elle est la preuve de la prise de conscience de la communauté internationale de l’importance de l’enseignant.  La Journée de l’enseignant nous motive à nous engager davantage pour l’éducation des enfants qui sont à notre charge.

L’enseignement est une profession noble mais pour les enseignants c’est un sacrifice, surtout pour ceux qui exercent dans les zones rurales.  C’est pour l’amour des enfants que nous nous sacrifions, pour qu’ils soient des citoyens de demain.

L’impression d’être laissé pour compte

Nous sommes confrontés  à de nombreuses difficultés  en fonction de nos zones d’affectation. Les enseignants en campagne doivent faire face à des difficultés de logement, ainsi qu’au manque de mobilier dans beaucoup d’écoles. Nous avons parfois une cinquantaine d’enfants dans une classe avec très peu de tables bancs. Les enfants sont serrés, ce qui n’est pas du tout confortable pour travailler. Nous manquons aussi de documents pour préparer les cours et de documents didactiques pour faciliter la compréhension des leçons par les enfants.

Au Burkina Faso, les enseignants sont les laissés pour compte. Nous sommes marginalisés, sans considération. Ils sont peu motivés par les gouvernements, et pourtant les enseignants sont à la base de la construction de nos États. Sans éducation, comment serait le monde ? En revanche, après vingt ans d’expérience et en prenant en compte les zones où j’ai exercé, je peux dire que les gens ont compris au fils du temps l’importance de l’école. L’éducation est capitale dans la vie de tout un chacun.  Avant, le gouvernement était obligé de mener des campagnes de sensibilisation pour convaincre les parents d’inscrire leurs enfants.  Aujourd’hui, dans plusieurs localités, même le plus pauvre paysan a conscience de l’importance de l’école et il se bat pour que son enfant y aille. Un enfant qui n’a pas été à l’école, risque d’être privé d’avenir.  Un enfant qui ne sait ni lire ni écrire est presque condamné.»