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La crise économique mondiale met en péril l’éducation dans le monde

Publié dans Espace presse

A Madagascar, un tiers des enfants déclare ne plus aller à l’école depuis cette année, essentiellement parce qu’ils doivent travailler pour aider leur famille. En Inde, dans les Etats du Tamil Nadu et du Madhya Pradesh, 40% des parents interrogés indiquent que leurs enfants travaillent, rapportant des revenus indispensables pour subvenir aux besoins de la famille. Dans 8 pays du monde, à travers plus de 600 interviews, l’étude d’Aide et Action montre une augmentation des abandons scolaires, un recours accru à la scolarisation partielle et une recrudescence du travail des enfants.
En 2009, 30 millions de personnes ont perdu leur emploi à cause de la crise économique et financière. Le nombre de travailleurs pauvres (dont le revenu est inférieur à 2 dollars par jour) a augmenté de 200 millions. Dans son rapport de 2009, la Banque mondiale annonçait ainsi que 44 millions de personnes supplémentaires étaient touchées par la malnutrition. Les familles interrogées par Aide et Action déclarent dépenser plus de la moitié de leur revenu pour la nourriture : la hausse des prix de l’alimentation et la baisse de leur revenu les placent dans une situation inextricable. Au Togo par exemple un tiers des parents interrogés déclarent avoir diminué la quantité de nourriture achetée.
Partout, les budgets nationaux consacrés à l’éducation sont en baisse. Les Etats privilégient l’enseignement supérieur et de grandes réformes concernant la gratuité de l’éducation ont été annulées. Les enquêtes menées par Aide et Action auprès des enseignants révèlent par exemple que nombre d’entre eux cumulent deux emplois ce qui renforce un absentéisme déjà problématique dans de nombreux pays en développement.

Ces derniers ont été touchés de plein fouet par la crise. La croissance s’est effondrée dans toutes les régions. Les envois de fonds des migrants ont diminué de 21 milliards de dollars US en 2009, l’aide publique au développement enregistre un déficit de 30 milliards de dollars US par an.
Claire Calosci, Directrice Générale Internationale de l’organisation Aide et Action International, souhaite tout mettre en œuvre pour alerter l’opinion et les décideurs : « Aujourd’hui, c’est l’éducation et la survie de millions d’enfants, d’hommes et de femmes qui sont en jeu. Le temps presse. La responsabilité nous incombe et justifie une mobilisation générale. Pour que l’avenir des futures générations soit préservé ».

Dans son rapport l’ONG internationale, présente dans 22 pays depuis près de 30 ans, fait des propositions concrètes :
alléger les contraintes économiques : réduire ou subventionner les frais de scolarité et les coûts indirects liés à l’éducation (transport, fournitures scolaires, etc.), favoriser la création de coopératives parentales, subventionner la mise en place de cantines scolaires,
mettre en œuvre des dispositifs adaptés aux enfants contraints de travailler afin de favoriser leur retour à l’école à moyen terme : écoles passerelles, cours du soir, sensibilisation des parents,
accorder une attention accrue aux filles et aux enfants de migrants à travers le développement de programmes adaptés,
protéger les dépenses liées aux secteurs sociaux, notamment en ce qui concerne l’éducation,
permettre la prise en charge des enfants des familles les plus vulnérables durant le temps scolaire et extrascolaire…

Pour accompagner au mieux la sortie de la crise, Aide et Action développe des actions visant à :
renforcer les capacités économiques des femmes,
développer la formation professionnelle pour accroître le revenu familial,
renforcer les capacités des communautés et des acteurs de l’éducation à rebondir,
repenser l’organisation et les finalités des systèmes d’éducation…

Partout où elle intervient, l’ONG Aide et Action travaille dans le respect des contextes culturels spécifiques. En temps de crise, l’association demeure à l’écoute des individus et des communautés et encourage la participation des citoyens à la définition des politiques éducatives en lien avec les finalités de l’éducation.
Claire Calosci engage l’association et les acteurs de l’éducation dans le monde à penser leur action sur le long terme : « Il ne s’agit pas seulement de colmater les brèches mais bien de tirer les leçons de la crise actuelle, pour mieux préparer le futur et répondre aux enjeux qui apparaissent déjà ».