Cambodge: l’amélioration de l’alphabétisation des filles est essentielle à la réalisation du Programme pour l’éducation 2030

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Thida, 10 ans, photographiée avec sa petite sœur, en route pour visiter la bibliothèque mobile d’Aide et Action dans la province de Kep, au Cambodge. Photo: Christine Redmond pour Aide et Action, 2020.

Lieu: village d’Angtong Sor, commune de Pong Toeuk, province de Kep, Cambodge

Photos: https://drive.google.com/open?id=1b6qh1aPTpqdCX4fpVahZ6lvtxnJYaSvm

 

Au Cambodge, les évaluations nationales de la lecture en première année ont révélé que les élèves obtiennent de très mauvais résultats, avec près des deux tiers des élèves de première année et la moitié des garçons et filles de deuxième année incapables de lire un seul mot familier. Pour y remédier, Aide et Action promeut la lecture auprès des élèves du primaire et introduit des bibliothèques mobiles et numériques à travers le Cambodge.

Dans le monde, dans les pays à faible revenu, un jeune sur trois ne sait pas lire. Le taux moyen d’alphabétisation des femmes reste inférieur d’environ 16 points de pourcentage à celui des hommes, ce qui indique qu’il reste encore beaucoup à faire pour améliorer l’accès des filles à une éducation de qualité. Au Cambodge, l’accès limité aux outils de lecture et d’apprentissage et un personnel enseignant sous-développé sont les principaux facteurs qui empêchent les filles et les garçons d’atteindre leur plein potentiel.

Bibliothèques numériques

Les recherches indiquent que des inégalités extrêmes entre les sexes existent également dans l’accès à Internet, les compétences numériques et les droits en ligne dans les pays en développement. Le Forum Economique Mondial recommande d’encourager l’éducation des filles dans les STEM (ou STEAMD – développement de Science, Technologie, Ingénierie, Arts et Mathématiques) et les TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) dès le plus jeune âge et d’enseigner la familiarisation numérique aux femmes et aux filles comme premières étapes pour combler les lacunes futures. Chez Aide et Action, nous croyons nous aussi au potentiel d’autonomisation des TIC comme arme contre la pauvreté et les inégalités entre les sexes.

Depuis 2013, nous avons adopté les «TIC pour l’éducation» comme concept clé au Cambodge, en utilisant la technologie inclusive pour offrir une éducation de qualité en numérisant des livres, en développant une application d’apprentissage et en installant de nouveaux outils et bibliothèques dans les écoles et les communautés du Cambodge. La numérisation des livres et leur mise à disposition via nos bibliothèques, nos tablettes et via une application iOS et Android signifie que les livres sont plus accessibles et gratuits pour les filles et les garçons. Pour ceux dont le niveau d’alphabétisation est faible, nous proposons également des jeux éducatifs ainsi que des livres audio en khmer – la langue officielle du Cambodge – et dans les langues des minorités ethniques.

Bibliothèques mobiles

Comme tout, notre travail consiste à trouver un équilibre et à répondre aux besoins de nos bénéficiaires. En plus de nos technologies innovantes, nous promouvons également une culture de la lecture en apportant des livres physiques dans les communautés rurales et isolées via nos bibliothèques mobiles qui prennent la forme de tuk tuks (véhicules 3 roues) et de motos remplies de matériel de lecture.

   Thida et ses amies lisent ensemble lorsque la bibliothèque mobile d’Aide et Action s’arrête dans leur village de la provde Kep, au      Cambodge. Photo: Christine Redmond pour Aide et Action, 2020.

 

Dans la province de Kep, nous exploitons deux bibliothèques mobiles qui transportent des livres dans des villages éloignés situés loin de la ville. Les tuk tuks s’arrêtent une fois par semaine dans chaque village sur la route, mais s’étendent parfois jusqu’à deux fois la même semaine, au grand plaisir des enfants locaux.

Responsabilités genrées

Thida *, 10 ans, attend avec impatience la visite de la bibliothèque mobile chaque semaine. Avec sa mère et son père hors de la maison, travaillant de longues heures tous les jours, la majorité des tâches ménagères incombent à Thida, y compris celle de s’occuper de sa petite sœur. Comme l’a indiqué l’Agence japonaise de coopération internationale, la demande accrue de temps et de main-d’œuvre des femmes cambodgiennes fait que les tâches ménagères, qui étaient traditionnellement la responsabilité de la femme, soient plutôt transmises aux filles de la famille.

 Thida et sa petite sœur photographiées dans leur village de la province de Kep, au Cambodge. Photo: Christine Redmond pour Aide et Action, 2020.

La journée typique de Thida consiste à aller à l’école le matin, à prendre soin de sa petite sœur l’après-midi et à nettoyer la maison le soir. Cependant, elle s’assure de quitter la maison avec sa belle-sœur les après-midi où s’arrête la bibliothèque mobile. «J’aime venir car il y a toujours des livres à lire. L’alphabet et les livres d’images sont mes préférés car ils sont faciles à comprendre », explique Thida

l’Enseignement STEAM

«Je veux rester à l’école et étudier dur. Je ne sais pas pourquoi mais la science est ma matière préférée et je souhaite l’étudier davantage », déclare Thida. Augmenter les résultats d’apprentissage des élèves du primaire comme Thida grâce à l’accès à l’enseignement STEAM (Science, Technologie, Ingénierie, Arts, Mathématiques) est un autre de nos objectifs avec notre projet au Cambodge. D’ici 2021, nous visons à avoir 3 coins STEAM dans les lycées et à former 15 enseignants sur la façon de mener des activités STEAM avec nos équipements / boîtes à outils STEAM Corner. Le nombre attendu de garçons et de filles ayant accès à l’éducation STEAM d’ici 2021 est de 450Thida lit un livre qu’elle a emprunté à la bibliothèque mobile d’Aide et Action lors de sa visite dans son village de la province de Kep, au Cambodge. Photo: Christine Redmond pour Aide et Action, 2020

L’agenda Éducation 2030 reconnaît que l’égalité des sexes nécessite une approche qui « garantit que les filles et les garçons, les femmes et les hommes ont non seulement accès aux cycles éducatifs et les terminent, mais soient également autonomisés dans et par l’éducation.» Nous travaillons en partenariat avec les Cambodgiens, la Ministère de l’éducation, de la jeunesse et des sports, des écoles, des communautés et des autorités locales pour maximiser l’impact de notre projet et construire une culture de dialogue, de réflexion constructive et d’autonomisation qui ne laisse aucun enfant de côté.

* Les noms des enfants de moins de 18 ans ont été modifiés