Burkina Faso : des milliers d’élèves victimes de la migration interne

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Le Burkina Faso compte actuellement plus de 486 000 déplacés internes. Parmi eux, entre 20 et 30% sont des élèves, contraints d’abandonner l’école pour suivre leurs parents en quête de lieux de vie plus sûrs. Ce sont autant de parcours scolaires interrompus, temporairement ou définitivement. Pour Aide et Action, une éducation ininterrompue doit être assurée, même en situation de crise.

En raison de la crise sécuritaire que subit le Burkina Faso en ce moment, 1 845 établissements scolaires sont fermés, affectant 267 546 élèves et 8 816 enseignants. Mais au-delà de ces fermetures, de nombreux enfants sont éloignés de l’école malgré eux. Selon Marie-Laurence Ilboudo, ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire, en octobre 2019, le pays comptait plus de 486 000 déplacés internes. Parmi eux, entre 20 et 30% sont des élèves, contraints d’abandonner l’école pour suivre leurs parents qui fuient l’insécurité et recherchent de meilleures opportunités. Cette situation est particulièrement préjudiciable pour les filles dont l’avenir est fortement compromis puisque les populations déplacées ayant tout abandonné dans leur fuite, certains parents préfèrent donner les filles en mariage, faute de moyens.

Des besoins éducatifs urgents

Pour faire face à cette situation de crise dans le secteur de l’éducation, le gouvernement a mis en place un Secrétariat Technique de l’Éducation en Situation d’Urgence (ST-ESU), fonctionnel  depuis octobre 2019. Un plan de contingence a été élaboré  pour la rentrée 2019-2020 au profit des élèves déplacés dont les besoins ont été analysés. « Les actions prioritaires sont : la réalisation de salles de classe temporaires pour les accueillir, l’acquisition de mobilier scolaire (tables-bancs, chaises, bureaux, armoires), la subvention des frais de scolarité, l’organisation des cours de mise à niveau, la dotation des écoles d’accueil en vivres pour la cantine, ainsi qu’un dispositif de prise en charge psychologique », explique Lalé Somma, chef du département études et prospectives du ST-ESU. etc. Malheureusement, pour le moment les moyens financiers font défaut si bien que ces initiatives n’ont pas encore pu être mises en place.

Des réponses inexistantes

Malgré les difficultés liées au manque de ressources financières, des élèves déplacés ont pu réintégrer les classes. Au primaire, 10 818 élèves dont 5066 filles ont été réinscrits dans des établissements d’accueil. Au post-primaire et au secondaire, 6887 élèves dont 2920  filles ont été accueillis dans des établissements pour la poursuite de leur scolarité. Ces résultats encourageants restent cependant très insuffisants au regard du nombre d’écoles fermées et des populations déplacées. En marge des élèves, le ST-ESU propose aussi des alternatives pour les enfants non scolarisés et les hors écoles. Une offre de formation aux métiers est en préparation avec le ministère de la jeunesse et de l’emploi.

Aide et Action salue les efforts réalisés par le gouvernement pour prendre en charge cette crise sécuritaire et éducative, mais force est de constater que les réponses apportées sont loin d’être suffisantes. En situation de crise, l’éducation rétablit une routine et donne de l’espoir pour l’avenir. Il est nécessaire d’assurer une scolarité ininterrompue pour les élèves afin d’empêcher un décrochage scolaire qui peut souvent s’avérer définitif.