Au Burkina Faso, un jardin scolaire enrichi la cantine et joue un rôle pédagogique auprès des élèves

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À l’école primaire publique d’Obdaga, le jardin scolaire fait la fierté des élèves. Choux, oignons, tomates et gombo ont bien poussé et sont utilisés quotidiennement pour enrichir la cantine scolaire. Mis en place par Aide et Action dans le cadre du Projet d’Appui à la Scolarisation et au Développement Sanitaire (PASS), le jardin scolaire – désormais entièrement géré par la communauté – a une double fonction : nutritionnelle et pédagogique.

Le Projet d’Appui à la Scolarisation et au Développement Sanitaire (PASS) développé dans le village d’Obdaga dans la commune rurale de Manni, au Burkina Faso, a été officiellement clôturé il y a quelques mois mais son impact est toujours remarquable et sa pérennité semble assurée. En effet, la communauté s’est engagée à gérer le jardin scolaire afin que ses bienfaits nutritionnels et pédagogiques puissent perdurer.

Mobilisation et engagement communautaires

Mis en œuvre par Aide et Action, avec l’appui financier des Fondations Orange et BEL, le projet visait à améliorer l’accès à une éducation de qualité, à l’eau potable et à des services de santé. Celui-ci a permis la réalisation de deux forages, d’un Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS), de deux latrines et la réfection de la cuisine de l’école.  La mise en place d’un jardin scolaire est venue compléter ces actions afin de contribuer à améliorer les conditions nutritionnelles des élèves mais aussi de répondre à des enjeux pédagogiques.

Une fois le projet achevé, en octobre 2020, les acteurs communautaires (les membres de l’Association des parents d’élèves, de l’Association des mères éducatrices et du Comité de gestion), les enseignants et les élèves ont pris l’engagement de pérenniser le jardin scolaire. Pour l’année scolaire en cours (2020-2021), les activités de jardinage ont donc pu être poursuivies sans interruption. Et aujourd’hui, c’est une grande satisfaction : les choux, les oignons, les tomates et le gombo ont bien poussé et sont en partie prêts pour la consommation. « Nous avons commencé les activités du jardin dans notre champ scolaire en décembre 2020. Il fallait finir la récolte du haricot, du petit mil et du sésame d’abord », précise le directeur de l’école primaire publique de Obdaga, M Alhagi DIANDA.

Un outil pour les enseignants, un plaisir pour les enfants

La récolte du champ est utilisée pour la cantine de l’école. « La formation des acteurs communautaires sur leur rôle et responsabilités par Aide et Action a contribué à la prise de conscience des parents d’élèves concernant leur implication pour l’accompagnement des enseignants dans la gestion de l’école », ajoute le directeur de l’école.  Pour la gestion du jardin scolaire, une organisation a été mise en place. Les élèves du Cours Elémentaire (CE) et du Cours Moyen (CM) arrosent les plantes pendant les heures de leur cours d’activités pratiques du programme scolaire. Les jours de repos, notamment les dimanches et durant les congés, ce sont les membres de l’Association des mères éducatrices (AME) qui prennent le relais.  Quant au Comité de gestion (COGES), il a acheté les semences qui sont mises à disposition des élèves organisés autour de leur gouvernement scolaire. La formation et la mise en place de celui-ci ont également été accompagnées par Aide et Action, toujours dans le cadre du projet PASS.

Pour le directeur de l’école d’Obdaga, la pérennisation du jardin scolaire est importante à double titre. « D’une part, il permet d’enrichir le repas de la cantine avec des légumes et d’autre part, il joue un rôle pédagogique en servant de cas pratique pour le cours sur l’agriculture. C’est plus facile pour l’enseignant de faire comprendre le cours du labour à la récolte. Les parents sont satisfaits de voir que nous montrons à leurs enfants comment entretenir une plante », insiste le directeur.  Les élèves eux-mêmes prennent plaisir au jardin. L’heure d’arrosage de chaque classe est un moment de détente pour les élèves et d’apprentissage du métier de leurs parents pour la plupart.